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La ponte de coraux : nous y étions !
C'est avec l'espoir d'assister à la ponte des coraux que nous avons fait une plongée la nuit du 13 août, voici ce que nous avons vu !
Les coraux utilisent plusieurs stratégies de reproduction mais il semble maintenant admis que presque toutes les espèces pratiquent une reproduction sexuée.
Chez les scléractiniaires (ne comportant pas de phase méduse) celle ci n’a lieu qu’une à deux fois par an pour une espèce donnée. Le jour J des millions de gamètes sont libérés dans un rituel extrêmement synchronisé permettant ainsi à ces animaux fixés de mélanger leurs gènes et de disperser leur progéniture sur de grandes distances. Ce n'est qu'en 1981, sur les récifs de la grande barrière d'Australie que fut observé pour la première fois la ponte des coraux dans leur milieu naturel.
La libération massive des gamètes optimise les chances de fécondation et submerge les prédateurs potentiels à l'affût ce jour là de plus de nourritures qu'ils ne peuvent en consommer augmentant ainsi les chances de survie des larves issues de la fécondation.
Les signaux de déclenchement exacts de ce phénomène annuel demeurent obscurs. Ils sont probablement liés à la température de l'eau, au cycle lunaire, à la marée et à la luminosité.
Ce que nous savons :
- Toutes les espèces ne participent pas à cette émission massive de gamètes.
- La plupart des coraux qui participent à cette « ponte » synchronisée sont hermaphrodites, c'est à dire que les 2 sexes sont représentés sur chaque polype corallien.
- Ces espèces hermaphrodites larguent des petites « bulles » contenant à la fois les gamètes mâles et les gamètes femelles. Ces petites sphères montent à la surface de l'eau puis s'ouvrent. Le mélange et la fécondation peuvent alors avoir lieu.
- Quelques espèces, moins nombreuses, (représentent environ 25% des espèces participant à ce phénomène) sont gonochoriques c'est à dire qu'elles ont des colonies mâles et femelles séparées.
- Chez ces espèces gonochoriques, les colonies femelles vont émettre des petites sphères contenant uniquement l'ovule tandis que les colonies mâles émettront un petit nuage de gamètes mâles ressemblant à de la fumée. Les deux types de gamètes montent en surface pour se féconder.
- Les pontes massives ont lieu avec la même synchronisation tous les ans.
Ce que nous ne savons pas :
- Comment les coraux se synchronisent pour qu'une seule espèce ponde à la fois ?
- Quels sont les signaux de déclenchement précis de ce phénomène ? Même si nous savons déjà que la température de l'eau, le cycle lunaire, la luminosité et probablement des facteurs chimiques jouent un rôle, le mécanisme précis reste à découvrir. Des facteurs trophiques contrôlent également la reproduction : les épisodes de blanchiment et de stress des colonies serait responsable de la diminution reproductive des coraux.
Que se passe-t-il après l'émission des gamètes ?
Les œufs fécondés donneront rapidement naissance en quelques heures à de petites larves ciliées appelées planula. Cette étape de vie libre va permettre aux coraux habituellement fixés de conquérir de nouveaux espaces au gré des courants. Après quelques jours de vie planctonique, les larves vont se laisser couler à la recherche d'un support solide indispensable à leur fixation. Des millions de gamètes du départ, très peu de larves arriveront à ce stade.

Image extraite de ce site
Ce que nous avons observé :
Afin d'essayer d'assister à ce phénomène unique, Mathilde et Vincent ont organisé une sortie de nuit le 13 août. Nous avons donc plongé sur le site « Jardin tropical » à Ste Luce, lieu privilégié pour l'observation de la ponte des coraux du fait de la présence d'un récif frangeant (bioconstruction corallienne jeune en bordure de littoral).
Mise à l'eau aux environ de 21h00, sortie vers 22h00.
Nous avons probablement plongé ½ h trop tôt car nous n'avons pas observé la ponte « massive » classiquement décrite mais plutôt les prémices d'une ponte avec des émissions de gamètes localisées.
Le corail étoilé a émis des petites sphères jaunâtres :
Nous avons également observé sur d’autres colonies de corail étoilé, l’émission d’un petit nuage de fumée qui pourrait correspondre à l’émission des gamètes mâles, malheureusement sur la photo ça n’est pas très visible :

Sous réserve que notre identification soit la bonne, le corail étoilé, Montastrea cavernosa, est effectivement une espèce gonochorique.
Par ailleurs nous avons constaté un grand nombre de prédateurs à l'affût, notamment des petits vers très agiles qui grouillaient autour du faisceau lumineux de nos lampes. Ces vers se désintégraient en une sorte de poussière blanche dès qu'ils étaient touchés par quelque chose. Beaucoup d’ophiures également qui ne partaient pas malgré notre présence et l’éclairage des lampes et des phares.
Prochaine « ponte » prévue pour le 11 septembre !
Emma Pierrisnard
Bibliographie :
- http://vieoceane.free.fr/paf/ficheb34.html
- http://coraux.univ-reunion.fr/spip.php?article52
- http://www.coral.noaa.gov/cleo/coral_spawning.shtml
- http://www.springerlink.com/content/8pmnln5p6qpqnm2g/
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